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Cérémonie du 8 mai 1945

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  • 11-05-2017
  • Cérémonie du 8 mai 1945
  • Par Commune Boissettes <mairie-de-boissettes@wanadoo.fr>

Cérémonie du 8 mai 1945

Cérémonie du 8 mai

Cérémonie du 8 mai sous un ciel mitigé place de Verdun, devant le monument aux morts.

Après avoir lu le message du secrétaire d'état auprès du Ministre de la Défense chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, le Maire a fait le discours suivant :

"Le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, l'acte de reddition de l'armée allemande est signé par le général Jodl à Reims. Le 8 mai peu avant minuit l’acte signé à Berlin ne fait qu'entériner ce qui a été conclu à Reims .

Si la mémoire collective européenne a conservé la date du 8 mai pour commémorer la capitulation allemande, c'est parce que la nouvelle a été annoncée dans toutes les capitales occidentales ce jour-là, à 15h. Soit plus de vingt-quatre heures après la signature de Jodl à Reims.

Mais en Russie, c'est la date du 9 mai qui est célébrée chaque année. Staline voulait en effet que l'heure officielle de la capitulation soit établie à partir du fuseau horaire soviétique.

L'ironie de l'Histoire, si l'on peut dire, est que la capitulation allemande est fêtée le 8 ou le 9 mai, alors qu'en réalité, l'événement a eu lieu le 7. Comme quoi l’histoire elle-même peut être revisitée en fonction de telle ou telle arrière-pensée partisane …

Puis advint la période de la reconstruction .Les vainqueurs se souvenaient des effets désastreux de la politique de l’après Première Guerre mondiale : la question des réparations allemandes avait en partie déclenché une hyperinflation, entravé la reprise économique et facilité la prise du pouvoir par les nazis et nous connaissons la suite tragique. Aussi l'administration américaine tentée dans un premier temps de faire payer les réparations par l'Allemagne, adopta le plan Marshall baptisé ainsi du nom du secrétaire d'État des États-Unis, le général George Marshall : les modalités de ce plan discutées lors de la conférence de Paris furent adoptées par 16 pays le 20 septembre 1947.

Ce « Programme de rétablissement européen », était un programme américain de prêts accordés aux différents États de l'Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale , en particulier en Allemagne, aide assortie de la condition d'importer pour un montant équivalent d'équipements et de produits américains, et pour les États bénéficiaires l'engagement d'accorder un financement du double du montant octroyé.


En ce jour du 8 mai 2017 , au lendemain d’un important dimanche électoral, quels modestes enseignements pourrions-nous tirer de cette période de l’immédiate après-guerre ?

De façon assez cynique que la générosité des états est directement proportionnelle au retour sur investissement attendu! Plus positivement que le vainqueur a certes le pouvoir de faire , le devoir de mettre en œuvre sa politique mais que, s’il souhaite une paix durable , un climat apaisé il se doit d’être à l’écoute des adversaires d’hier quels qu’ils soient , quelle que fut la violence des combats : si le vainqueur possède le pouvoir , il ne détient pas pour autant toute la vérité.

Le vainqueur ne doit pas adopter la maxime latine Vae victis « malheur aux vaincus » où le vaincu est à la merci du vainqueur, car les luttes incessantes n'apportent jamais de vainqueurs, mais uniquement des perdants. Les animaux d'une même espèce ne luttent jamais à mort : le vainqueur épargne le vaincu. L'espèce humaine est privée de cette protection naturelle . C’est la faiblesse de l’homme , mais c’est aussi sa grandeur que de faire ce choix de dépasser les antagonismes , les rivalités pour la co-construction d’une réconciliation durable au bénéfice de tous .

Si le devoir du vainqueur est de quitter les armes, celui du vaincu est de quitter sa rancœur voire sa haine : car tous , vainqueurs comme vaincus ont une même responsabilité devant l’histoire.

En créant l’espace européen nos ainés ont fait preuve de cette belle et généreuse détermination commune pour que plus jamais sur nos territoires ( au moins sur nos territoires) fleurisse la barbarie ! c’est notre devoir envers tous ces êtres sacrifiés : que riches de nos différences nous fassions en sorte de préserver et d’améliorer sans relâche cet espace certes imparfait mais combien nécessaire à la paix des peuples!"

Les boissettai(e)s présents ont applaudi chaleureusement ces propos si opportuns.

Après la minute de silence en hommage aux combattants de la seconde guerre mondiale, le maire a invité les personnes présentes à partager l'apéritif traditionnel.





 Le maire, durant son allocution.