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Commémoration du 8 mai

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  • 12-05-2018
  • Par Commune Boissettes <mairie-de-boissettes@wanadoo.fr>

Cérémonie du 73ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945

 8 MAI 2018

Soleil radieux et assistance nombreuse en ce mardi d'une semaine de ponts appelant pourtant à l'escapade ...
En ouverture, Fabienne Colin-Faure lit le message de la Secrétaire d'état auprès du Ministre de la Défense et chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire.

Puis le Maire, Bernard Fabre déclare:
"En ce 8 mai 2018, une fois n’est pas coutume je ne vais pas vous parler de la paix retrouvée, de cette impérieuse nécessité de construire une Europe solidaire, pacifique , respectueuse des peuples , humaniste …non aujourd’hui je veux mettre le focus sur un moment terrible de cette guerre , sur un de ces endroits du monde qui préfigurait l’enfer … Stalingrad , boucherie meurtrière qui a couté la vie à plus de 800 000 soviétiques, civils et combattants parfois désarmés, et à 400 000 militaires allemands, roumains, italiens, hongrois et croates… Je ne vais pas évoquer cette guerre totale au travers du récit des offensives et contre offensives d’adversaires également épuisés mais simplement au travers de la beauté du verbe car même dans les heures les plus sombres de l’histoire peut parfois poindre une lueur d’humanité. A cette époque, un militaire qui était envoyé à Stalingrad avait peu de chances de revenir vivant ou entier auprès des siens : c'était un drame national. Aussi, un grand poète de l'époque Constantin SIMONOV avait publié un poème sur la situation de ces soldats, un poème devenu et resté longtemps comme l'un des plus beaux de la littérature russe que Camille Fabre lit avec ferveur et émotion :

ATTENDS-MOI

Attends-moi 
Si tu m’attends, je reviendrai, 
Mais attends-moi très fort. 
Attends, quand la pluie jaune 
Apporte la tristesse, 
Attends quand la neige tournoie, 
Attends quand triomphe l’été 
Attends quand le passé s’oublie 
Et qu’on n’attend plus les autres. 
Attends quand des pays lointains 
Il ne viendra plus de courrier, 
Attends, lorsque seront lassés 
Ceux qui avec toi attendaient. 
Si tu m’attends, je reviendrai. 
Ne leur pardonne pas, à ceux 
Qui vont trouver les mots pour dire 
Qu’est venu le temps de l’oubli. 
Et s’ils croient, mon fils et ma mère, 
S’ils croient, que je ne suis plus, 
Si les amis las de m’attendre 
Viennent s’asseoir auprès du feu, 
Et s’ils portent un toast funèbre 
A la mémoire de mon âme... 
Attends. Attends et avec eux 
Refuse de lever ton verre. 
Si tu m’attends, je reviendrai 
En dépit de toutes les morts. 
Et qui ne m’a pas attendu 
Peut bien dire : « C’est de la veine ». 
Ceux qui ne m’ont pas attendu 
D’où le comprendraient-ils, comment 
En plein milieu du feu, 
Ton attente M’a sauvé. 
Comment j’ai survécu, seuls toi et moi 
Nous le saurons, 
C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne. 

Constantin SIMONOV (1915-1979)  

Alors que le temps efface lentement la mémoire, alors que s’estompe peu à peu l’intérêt même de se souvenir, il est de notre devoir de résister à l’oubli, nous le devons à ces femmes , à ces hommes sacrifiés au nom d’une quête parfois héroïque mais toujours dramatique de la Liberté , ne les oublions pas afin qu’ils ne meurent pas une deuxième fois." 

A l'issue de la minute de silence et de recueillement, le Maire invite chacun et chacune à partager le traditionnel apéritif en toute convivialité.