Monographie de Boissettes

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Archives départementales de Seine et Marne - cote 30Z32

Boissettes en 1888
Episode 1 - Vers la fin des vignes
Episode 2 - Le bord Seine et ses activités
Episode 3 - Les voies de communication
Auteur : Xavier DARAS

Boissettes en 1880

Les monographies communales sont des études portant sur les communes de Seine-et-Marne réalisées par les instituteurs à la demande du Ministère de l'Instruction Publique pour la préparation des expositions universelles de 1889 (instruction générale du 31 juillet 1887) et les suivantes.

Celle de Boissettes a été réalisée par l'instituteur du village, nous sommes en 1888 dans la période flamboyante de la 3ème république, juste après Jules Ferry. Elle est disponible sur le site des Archives de Seine et Marne. C’est un document manuscrit un peu complexe à télécharger.

Ci-dessous le début de la monographie ; la suite sera reproduite par épisodes dans les prochains numéros du journal, comme un feuilleton.

 

Episode 1 - Vers la fin des vignes

« Boissettes, petite commune du canton Nord et de l'arrondissement de Melun, est très agréablement située sur la pente d'un coteau qui se déroule sur la rive droite de la Seine. L’heureuse situation de ce pays a motivé la construction de plusieurs maisons de campagne qui ont vue sur la Seine et dont les jardins s'étendent en amphithéâtre jusque sur les prairies qui bordent ce fleuve.

Le nom de Boissettes diminutif de Boissise semble provenir comme ce dernier nom de "boxus" bois ; c'est à dire endroit boisé situé dans les bois. Ethymologie qui se trouve parfaitement justifiée par la position de la commune.

D’après le recensement opéré en 1886, Boissettes ne compte que 122 habitants, chiffre qui est bien diminué de ce qu'il était dans le courant du dernier siècle. Les vieilles archives signalent en effet vers 1740 une population de 240 habitants. Plus tard en l'an VIII de l’ère Républicaine (années 1799 et 1800 du calendrier grégorien, NDLR), d'après un recensement officiel que nous trouvons sur un registre communal, le chiffre de la population est de 213 habitants. » (détails dans le document original)
Pour la comparaison, en 2020, Boissettes compte 413 habitants (source INSEE).

La monographie indique aussi une répartition de l’occupation des sols en 1828 et 1882.
Ci-dessous une présentation comparative par nature des sols.
Pour 2020, il s’agit d’une estimation grossière à valider.

Les évolutions les plus notoires des surfaces portent sur la croissance du nombre d’habitations avec jardins associés et sur la diminution et la fin des vignes. A la lecture du cadastre, de nombreuses petites parcelles de vigne tout en longueur ont été remplacées par des bois.

 

 

Episode 2 - Le bord Seine et ses activités

Ce texte est extrait de la monographie de Boissettes rédigée par l’instituteur à l’occasion de l’exposition universelle de 1889.

« Située à 5 km de Melun, cette commune, dont l’altitude est de 39 m, est à 0° 15 de longitude Est et 48°31’ de latitude Nord, et, comme nous le disions tout à l'heure, la Seine baigne, au sud, le territoire sur toute sa longueur.

Autrefois il existait un bac près de l'abreuvoir en face de la rue de l'église (aujourd’hui rue Paul Gillon. NDLR) pour le passage des personnes aussi bien que pour le transport des chevaux et voitures. Plus tard ce bac a été remplacé par un bateau mais le passeur a abandonné cet emploi qui ne procurait pas une rémunération suffisante.

Beaucoup d'habitants possèdent aujourd'hui leur petit bateau. On compte actuellement plus de 20 batelets en stationnement sur la Seine dans la partie comprise sur le territoire de Boissettes sans compter un bateau à voile et 3 bateaux à vapeur dont deux ne mesurent pas moins de 15 m de longueur. »

A cette époque, en bas de la rue Paul Gillon, le bord de Seine concentrait de nombreuses activités :

  • Une forme de port avec de nombreuses embarcations que l’on retrouve sur les cartes postales.
  • Une autre source évoque l’arrêt de six bateaux de transport passant tous les jours (cf l’annonce immobilière de 1837 parue dans le journal N° 115)
  • Le passage d’un bac pour traverser la Seine
  • La Seine est un abreuvoir pour les chevaux
  • La présence à quelques mètres du bateau lavoir communal (voir carte postale) accessible par une partie communale de la berge
  • Et, on peut l’imaginer, aussi quelques rares baigneurs.

Une gloriette était judicieusement placée au coin de la rue Paul Gillon et du chemin des Praillons permettant de contempler (à l’ombre) ces diverses activités. Aujourd’hui, il ne reste qu’un mur arrondi comme trace de l’emplacement de la gloriette.

 

Merci à Mme Yvette Réminiac de nous avoir prêté ses cartes postales pour illustrer cette monographie.

Episode 3 - Les voies de communication

« Une partie du territoire de Boissettes est traversée par l’embranchement, de Melun à Boissettes par le Mée, du chemin de grande communication N° 39, de Montereau à Saint Assise longueur classée sur la commune : 1648m.
La commune possède, en outre, deux chemins vicinaux ordinaires, à savoir :

  1. Le chemin N°2 de Boissettes à Boissise la Bertrand : longueur classée : 1085m
  2. Le chemin N°4, dit de Praillons de Boissettes à Melun par la Seine : longueur classée : 1851m.

Les autres voies de communication sont des chemins ruraux et des sentiers, servant à établir la circulation dans toutes les parties du territoire et sont destinées à l’exploitation des terres, des vignes, des bois, etc...
Les principales essences de bois que l’on rencontre sont : le chêne, le hêtre, le charme, le sapin, le peuplier, l’orme, l’acacia et le sauvageon. »

 

En 1888, les habitants de Boissettes pouvaient extraire des matériaux pour leur propre usage en bord de Seine. Après la deuxième guerre mondiale, c’est une véritable carrière, comprenant aussi des terrains de Boissise la Bertrand qui s’est ouverte en bord de Seine. C’est à cette occasion qu’un « arrangement » avec l’opérateur de la carrière, la rue du Mont aux Lièvres a été créé en supprimant le chemin allant sur Boissise. On peut supposer que le chemin N°2 de 1888 correspondant à la continuité de la rue Brouard, presque parallèle à la Seine, allait directement à Boissise la Bertrand au niveau de la résidence Malka.
NB : le choix du nom « rue du Mont aux lièvres », reprend celui du bois tout proche.