Boissettes

Paul Adrien GILLON - Partie 1 et 2 en ligne

Découvrez l'histoire du lavoir-bateau de Boissettes et de ses reconstructions

Paul Adrien GILLON, (1853-1934), Maire de Boissettes durant deux mandats - Partie 1

À son premier mandat, il est élu par le conseil municipal avec 7 voix sur 8. L’usage coutumier (et non juridique) de l’époque est qu’un candidat dans les petites communes ne vote pas pour lui-même.

Ses actions au sein de la Commune

Lors de la Première guerre mondiale, Paul Adrien Gillon a 67 ans en 1914 et devra s’adapter aux conséquences de la guerre 14-18, tant pour Larousse dont de nombreux employés sont sur le front, que pour le Conseil municipal dont des membres sont « mobilisés ».

Sa vie professionnelle

Paul Adrien Gillon a été directeur-gérant de 1887 à 1919 de la maison Larousse. Il a succédé à une période de transition après la mort de Pierre Larousse et a joué un rôle clé dans la structuration et la modernisation de l’entreprise. Il était le neveu d’Augustin Boyer, un des premiers associés de Pierre Larousse, et a travaillé aux côtés d’autres figures importantes comme Émile et Georges Moreau, ainsi que Claude Augé, qui a notamment dirigé la publication du célèbre Petit Larousse illustré à partir de 1905.

Son arrivée à Boissettes

Le 5 novembre 1904, il achète une grande propriété au 15 rue Brouard, qui s’étend sur toute la surface des deux actuels parcs de la Varenne. À lire les archives des conseils municipaux de l’époque, son ferme attachement au village en fait un acteur très présent et dans la durée. Il a eu deux mandats de maire : de mai 1912 à août 1921, et de mars 1929 à janvier 1930.

Conseil municipal du 19 août 1917

À travers la lecture des comptes-rendus des Conseils municipaux de sa longue mandature, les débats portent sur des thèmes semblables à ceux d’aujourd’hui : les travaux et l’entretien, les besoins de financement avec la recherche de subventions, le vote des budgets… Quelques sujets sont structurants comme l’achat de l’immeuble Vesneau le 19 août 1917 en vue de l’agrandissement de la place publique dite place de l’Église, qui sera supprimée pour la création de la place du village dans sa dimension actuelle, ou encore le refus de participer financièrement à la construction de la gare du Mée sous prétexte que « cette gare ne devait rendre que de faibles services à la commune ». Là, sa vision ne fut pas tout à fait juste ! C’est aussi un argument de bonne gestion des finances locales ! » Autre anecdote : « la nomination d’un conseiller pour remonter les poids de l’horloge communale ». Et enfin, plus social : l’attribution « d’aides aux vieillards » par le Bureau de bienfaisance, qui correspond aux actuelles « aides sociales ». À cette époque, la retraite n’existe pas.

Paul Adrien GILLON, (1853-1934), Maire de Boissettes durant deux mandats - Partie 2

Un généreux donateur

Paul Adrien Gillon est un généreux donateur. En 1930, Il a fait un don de 25 000 francs à la commune pour participer au financement des travaux de surélévation de la mairie et éviter ainsi les déconvenues de crues légendaires comme en 1910.

Par ailleurs, il met à la disposition de la commune une somme de 20 000 francs au titre d’un emprunt à 3 % qui est formalisé avec l’aval de la comptabilité publique.

Ce prêt a pour but d’édifier une maison attenante à l’école (la mairie aujourd’hui) pour le logement du garde champêtre, de la téléphonie (pour les habitants), de la construction d’un préau avec WC (actuel dépôt du matériel à usage d’entretien). Cette maison attenante a ensuite été affectée au logement du garde champêtre jusqu’à son départ à la retraite. Elle est toujours propriété de la commune pour deux appartements à usage locatif.

Inauguration de la rue Paul Gillon, 1930

À la suite d’un vote du conseil municipal de 1930, en reconnaissance pour sa grande implication dans le développement du village, une plaque au nom de Paul Gillon a été posée le 31 août 1930, jour de la fête communale du village, sur la rue en face de l’église. Dans une correspondance du 21 juillet 1930 à sa fille, le maire de Boissettes, M. Crépatte, précise « que la rue de l’Église n’a pas de plaque, que ce nom lui a été donné par les habitants du village assez récemment et qu’antérieurement elle se nommait rue du lavoir » (cf. les articles sur l’histoire du bateau-lavoir de Boissettes en bas de cette rue).

Extrait de la lettre de remerciement de Paul Gillon au maire et aux élus. « En devançant cette heure (son décès NDLR) vous avez voulu, je pense, rendre sans tarder, un hommage public à mes longs services, à mon souci constant de maintenir entre tous les habitants l’esprit de concorde et de solidarité. Plus que jamais, en un mot, de faire de Boissettes un village modèle ».

Boissettes, un attachement familial

Ses descendants sont-ils encore à Boissettes ?
La réponse est oui ! Son fils, André Gillon (1880 1969), fut également l’un des directeurs de la Maison La rousse. Il créa en 1922 les Nouvelles littéraires et conserva la maison familiale. Sa petite fille, Catherine Chicandard, an cienne conseillère municipale, a été rédactrice d’éditions aux éditions Gautier-Languereau (Bécassine) pendant plus de 40 ans et a rédigé pendant des années le Journal de Boissettes. Elle a vécu à Boissettes dans la maison familiale jusqu’à la fin de ses jours. Son arrière-petite-fille, Sonia Cornebise, habite Boissettes et est conseillère municipale depuis les élections municipales de mars 2026.

 

Xavier Daras

Avec nos remerciements à Sonia Cornebise pour l’accès aux archives de sa famille et sa contribution rédactionnelle et historique.

Les sources

(1) Paul Adrien Gillon - Larrousse
(2)Paul Adrien Gillon - Archive IMEC